J'ai essayé d'assembler les mots. Essayer, c'est le mot. Je retoucherai sûrement.
C'est de moi, c'est à moi. On ne touche pas. Merci.
En même temps, ça se voit, je raconte toujours la même chose, au fond.
J'ai réussi, enfin. Tout va bien, tout ira bien, maintenant. Je presse le pas, il ne faut pas qu'on me suive. Coup d'½il furtif derrière moi, personne, je rentre. Maintenant, je reprend un respiration normale, il ne faut pas éveiller les soupçons. Discrètement, je m'engouffre dans le couloir, il ne m'a jamais paru aussi noir. Je cours, il ne faut pas qu'elle me voit, surtout pas.
Je
la pose sur ma table de chevet, derrière mon réveil, à l'abris des regards. Presque. Je
la vois. Je souris, j'ai réussi.
« C'est toi ? » « Oui, je viens. » Je me regarde dans la glace, j'ai l'air normal, non ? Un peu rouge, j'ai marché trop vite. Je me calme, un peu d'eau sur le visage. Je me lance. « Maman ? » Personne dans le salon, « Je suis là » je me rapproche de la voix, personne. Mon c½ur bat trop fort, il va sortir de ma poitrine, il y a quelque chose de louche ici. Discrètement, je me rapproche de la chambre, je passe ma tête par l'embrasure de la porte, rien, la cuisine, rien, la salle de bain, vide. Ma chambre ? Non, elle ne peut pas y être, je cours, au fond du couloir, porte à gauche, j'ouvre, un peu fort, la porte s'enfonce dans le mur. Tiens, le mur est mou, la porte y rentre comme dans un marshmallow. La pièce est vide mais
c'est encore là. Je retourne au salon « T'es où ? » « Là ». Maman me regarde, me sourit, elle est jolie. Elle est dans la télévision. « Je vais t'aider, tu vas sortir de là » « Ne t'inquiètes pas, je suis bien ici » « Non, tu ne dois pas être là, tu n'étais pas là
en vrai » « Tu sais, ce n'est pas grave, on peut le faire comme ça » « Tu crois ? » « Oui. » Elle me fixe drôlement, ses yeux sont de plus en plus grand, ce n'était pas comme ça. Je me rappel, ça elle n'était pas comme ça. Je cri, elle cri, je m'en vais. Je cours, je sors, dehors, je cours, toujours, toujours, je ne veux pas m'arrêter. Sur mon passage les gens se retournent, ils ont tous sa tête, pourquoi ? Je ne veux pas, je
la veux, c'est tout.
Je l'ai oublié, sur la table de chevet. Il faut que j'y retourne. Je repars en sens inverse, je ferme les yeux, je ne peux pas voir les gens. Je l'entends toujours hurler. Le bruit est plus fort, je suis arrivé, je peux rouvrir les yeux. Vite, je
la récupère et je leur ramène. C'est bon je l'ai, « Arrête maman, j'ai mal au c½ur quand tu fais ça. Je voulais pas que ça finisse comme ça. C'était une surprise, j'allais faire un paquet tu sais. Tu ... Fallait pas allé la chercher ». Plus un bruit, papa pleut des yeux, il y un nuage devant moi.
« Ca va ? Je t'ai entendu crier. »
« Oui ... Je ... C'est elle »
« Qui ? »
« Maman. C'est moi. »
« Quoi ? »
« Je l'ai prise. »
« Tu l'a prise ? Mais quoi ? »
« La photo. Nous. Celle que maman était partie chercher quand ... Je voulais lui faire la surprise. »
« ... »
« C'est un peu moi »
« Un peu toi quoi ? »
« Qui l'ai avalée. Pour un souvenir. »